Dictionnaire Noms communs Anniversaire

Anniversaire

"Surprise Party dans la cave (Dominique Nique-Nique)"

Borne kilométrique du temps qui passe. La sortie de route est inéluctable.

Tous les ans à cette même date, je reçois des messages somme toute sympathiques de félicitations et autres salutations. Non content de me rappeler inévitablement le temps qui passe et me rapproche un peu plus du sapin voire de la fosse commune (déconnez pas les enfants s'il vous plait), c'est également l'hypocrisie qui entoure ce genre de célébration, à coup de "vieille branche" et de "vieillard",  qui me turlupine. De cheval ou pas.

En effet, merci à toi cher ami, si je peux te considérer ainsi, de penser à moi en ce jour fatidique et, si possible aussi, à la nouvelle année. Même cause, mêmes effets. Mais que fais-tu des 360 et quelques autres jours de l'année ? Tu m'ignores, pas méchamment certes, mais machinalement c'est sûr. Parce que tu n'as pas le temps, tout ce travail qui n'en finit pas tu comprends, la belle-mère à aller voir pour le gigot du dimanche, l'eau du poisson rouge à changer ou que sais-je encore. La liste est longue et je la partage aussi avec toi il est vrai. Pourtant, tu es bien content de me trouver pour déménager tes meubles, prendre ton courrier pendant ton absence ou garder le chien quand tu va culbuter ta maîtresse.

Mais ne penses-tu pas que s'il y a bien un foutu jour dans l'année où je m'attends à avoir un signe de vie de ta part, c'est bien ce jour fatidique de juillet. Ainsi, tu te bouscules avec la cohorte de tes congénères pour vous rappeler à mon bon souvenir et me balancer à la gueule les mêmes banalités et mièvreries routinières que l'année précédente et probablement que l'année prochaine. Le plus souvent au sujet de la santé de tata Simone qui se remet de son opération de la hanche et de la maison de campagne de tonton Claude sur le bassin d'Arcachon deux semaines en vacances en juin parce que juillet-aout y'a vraiment trop de monde quoi merde.

Si tu prétends vraiment être mon ami, surprends moi. Et pardonne moi de contrepéter ainsi, mais tu as le choix dans la date. Pense donc à ces tristes soirées d'hiver ou ces interminables pluvieuses fins de semaine où un simple coup de fil, une visite à l'improviste réchauffent plus le cœur que tes bons sentiments impersonnels envoyés à la même date au fil des ans aussi mécaniquement qu'on envoie la jeunesse se faire défoncer la gueule sur les champs de bataille pour un doigt tendu trop haut à la face du monde par je ne sais quel dictateur mégalo-patraque.

Comme l'amour, l'amitié n'est pas acquise et se construit année après année, mais toujours au jour le jour. Pense y, mon cher ami. Si je peux encore t'appeler ainsi.


( 3 Votes )
 

Partager

Pas de pub ici

Recherche

Populaire en ce moment

Suivre sur Facebook